01
Pouvoir suivre ce que l’on possède
Un actif peut exister. Un droit de propriété peut être établi. Mais encore faut-il pouvoir maintenir, dans le temps, le lien entre l’actif, son propriétaire et les événements qui jalonnent son existence.
C’est le rôle de la traçabilité.
Chez Jaspall Swiss, nous ne considérons pas la traçabilité comme une simple accumulation de documents ou de données. Elle répond à une question beaucoup plus fondamentale :
pouvons-nous suivre l’histoire de ce que nous possédons et comprendre comment nous sommes arrivés à la situation présente ?
La traçabilité constitue ainsi le troisième pilier de notre philosophie.
02
La mémoire du patrimoine
Toute propriété a besoin d’une mémoire.
Un bien traverse le temps. Il peut être acquis, transmis, transformé, géré par différents intervenants ou faire l’objet de nouveaux droits.
Sans continuité documentaire, une partie de cette histoire peut progressivement disparaître.
La traçabilité cherche précisément à préserver cette continuité.
Elle permet de relier ce qui existe aujourd’hui à ce qui existait hier et, autant que possible, de conserver les éléments nécessaires pour comprendre les transformations intervenues entre les deux.
En ce sens, la traçabilité est la mémoire organisée d’un actif.
La traçabilité est la mémoire organisée d’un actif.
03
De la trace à la preuve
L’être humain a toujours cherché à conserver des traces de ce qu’il possède et de ce qu’il transmet.
Bornes, actes, registres, cadastres, inventaires, certificats, numéros d’identification : les supports ont changé avec les époques, mais la fonction demeure.
Il s’agit de créer une continuité suffisamment claire pour qu’un tiers puisse comprendre la relation entre une personne, un droit et un bien.
Une information isolée n’est cependant pas nécessairement une preuve.
La qualité de la traçabilité dépend de la cohérence des éléments qui la composent, de leur origine, de leur conservation et du système juridique ou organisationnel dans lequel ils prennent place.
C’est pourquoi tracer ne signifie pas simplement accumuler de l’information.
Tracer signifie organiser une continuité.


04
Lorsque la distance augmente
L’économie moderne a permis de détenir des actifs et des droits situés partout dans le monde avec une facilité qui aurait été inimaginable il y a quelques générations.
Cette évolution apporte des possibilités considérables.
Elle augmente également parfois la distance entre celui qui détient un investissement et la réalité économique qui se trouve derrière celui-ci.
Sur les marchés financiers, les opérations sont elles-mêmes largement enregistrées et soumises à des mécanismes de traçabilité particulièrement sophistiqués.
Pour l’investisseur final, cependant, la compréhension du chemin qui mène de son titre à l’actif économique sous-jacent peut devenir beaucoup plus complexe.
Entre les deux peuvent intervenir des sociétés, des fonds, des véhicules juridiques, des dépositaires, des intermédiaires, des créances ou différents niveaux de participation.
L’investisseur sait généralement quel titre il détient.
Il peut être beaucoup plus difficile de répondre immédiatement à une autre question :
à quelle réalité économique précise ce titre me relie-t-il ?
05
La traçabilité ne signifie pas la simplicité
Un actif tangible n’échappe pas à cette problématique.
Le simple fait qu’un bien existe physiquement ne suffit pas à le rendre correctement traçable.
Un arbre peut exister sans que son propriétaire puisse facilement l’identifier.
Un document peut exister sans permettre de retrouver l’actif auquel il se rapporte.
Un numéro peut être attribué sans que l’on sache comment il a été créé ou comment sa continuité est assurée.
La traçabilité exige donc une organisation.
Elle suppose de chercher à maintenir une relation cohérente entre l’actif physique, son identification, les droits qui lui sont attachés, les documents correspondants et les différentes étapes de son parcours.
06
Identifier sans confondre
Cette distinction est particulièrement importante dans le domaine agroforestier.
Le terrain, l’arbre, les droits portant sur celui-ci, sa gestion et les produits qu’il peut générer constituent des réalités différentes.
Les confondre créerait précisément l’inverse de la traçabilité recherchée.
Une approche rigoureuse doit permettre de distinguer autant que possible :
ce qui est identifié,
ce qui est possédé,
ce qui est géré,
et ce qui est produit.
La traçabilité devient alors le fil qui permet de relier ces éléments sans les confondre.
07
Une chaîne vaut par sa continuité
La traçabilité n’est jamais un événement unique.
Elle n’est pas acquise simplement parce qu’un document a été émis au commencement d’une opération.
Elle doit pouvoir accompagner l’actif dans le temps.
Un changement de gestionnaire, une transmission, une modification de situation ou une opération portant sur le bien ne devraient pas rompre inutilement la continuité de son histoire documentaire.
Une chaîne de traçabilité est donc moins une photographie qu’un récit.
Sa valeur repose sur la continuité entre ses différentes étapes.
C’est également pourquoi une traçabilité de qualité doit rester compréhensible. Une quantité considérable de données ne garantit pas nécessairement une meilleure compréhension si personne ne peut facilement établir les relations qui existent entre elles.
Sa valeur repose sur la continuité entre ses différentes étapes.
08
Le numérique : outil et non réalité
Les technologies numériques ont profondément amélioré notre capacité à enregistrer, rechercher et transmettre l’information.
Elles constituent des outils précieux pour la traçabilité.
Mais elles ne doivent pas être confondues avec ce qu’elles représentent.
Une base de données décrivant un arbre n’est pas l’arbre.
Un numéro d’identification n’est pas la propriété.
Un fichier informatique n’est pas l’histoire qu’il cherche à conserver.
Le numérique prend toute sa valeur lorsqu’il permet de documenter durablement une réalité qui existe en dehors de lui.
Cette distinction rejoint directement notre philosophie du tangible : la technologie doit servir le réel, et non nous faire oublier qu’elle n’en est qu’une représentation.
09
De la transparence à la compréhension
La transparence et la traçabilité sont souvent rapprochées, mais elles ne sont pas exactement synonymes.
On peut mettre à disposition une quantité importante d’informations et rester difficile à comprendre.
La véritable traçabilité doit permettre non seulement d’accéder à l’information pertinente, mais également d’en comprendre la succession et les relations.
Pour le propriétaire d’un actif, l’objectif n’est donc pas de disposer du plus grand nombre possible de documents.
Il est de pouvoir retrouver les bons éléments, au bon moment, et comprendre ce qu’ils établissent.
10
Réduire la distance
Cette réflexion prend une importance particulière lorsque l’on s’intéresse à des actifs non cotés ou détenus directement.
Dans l’univers du private equity, des actifs privés ou de l’économie réelle, l’information n’est pas nécessairement produite et diffusée de la même manière que sur un marché coté.
La qualité de la documentation, du reporting et de la chaîne d’information prend alors une importance particulière.
La proximité avec un actif ne garantit donc pas automatiquement sa transparence.
Elle crée plutôt une exigence supplémentaire :
si nous choisissons de nous rapprocher de l’actif réel, nous devons également être capables de mieux comprendre ce qui lui arrive.
C’est cette exigence que porte la notion de traçabilité.
11
Trois principes, une même logique
Les trois piliers de Jaspall Swiss ne sont finalement pas indépendants.
Ils constituent une succession logique.
Tangible : partir de quelque chose qui existe réellement.
Propriété : déterminer précisément quels droits portent sur cette réalité et à qui ils appartiennent.
Traçabilité : préserver dans le temps le lien entre l’actif, les droits qui lui sont attachés et les événements qui composent son histoire.
L’un sans l’autre demeure incomplet.
Un actif tangible dont personne ne peut établir les droits pose un problème de propriété.
Une propriété parfaitement établie dont l’actif ne peut plus être identifié pose un problème de traçabilité.
Et une traçabilité extrêmement sophistiquée ne peut jamais remplacer l’existence de ce qu’elle prétend documenter.
12
Conserver le fil
Notre troisième principe peut donc se résumer ainsi :
savoir ce qui existe, savoir ce que l’on possède et pouvoir en conserver le fil dans le temps.
La traçabilité ne supprime pas le risque.
Elle ne garantit ni la valeur future d’un actif ni sa performance.
Elle apporte quelque chose de différent : la possibilité de conserver une continuité intelligible entre une réalité, les droits qui portent sur elle et son histoire.
Après avoir choisi de partir du réel et d’établir clairement la propriété, Jaspall Swiss considère cette continuité comme une condition essentielle d’un patrimoine que l’on souhaite pouvoir comprendre, suivre et transmettre.